Élevage responsable
Lire un pedigree et comprendre le coefficient de consanguinité
- Qu’est-ce qu’un pedigree ?
- Comment lire un pedigree ?
- Ce qu’un pedigree garantit ou non
- Les pedigrees en Flandre depuis le 1er juillet 2025
- Le coefficient de consanguinité
- Combien de générations prendre en compte ?
- Qu’est-ce qu’un bon coefficient de consanguinité ?
- L’élevage en lignée
- L’étalon populaire
- Mesurer la consanguinité par l’ADN
- Pour les acheteurs : que demander ?
- En bref
Un pedigree est plus qu’un beau document accompagnant un chien de race. Il montre l’ascendance du chien sur plusieurs générations et aide ainsi à surveiller la santé et la diversité génétique. En Flandre, le pedigree est en outre un label de qualité depuis l’arrêté sur l’élevage (Fokkerijbesluit). Dans ce dossier, découvrez ce qu’est un pedigree sur le plan légal, comment le lire, ce qu’il garantit et ne garantit pas, et comment fonctionne le coefficient de consanguinité.
Qu’est-ce qu’un pedigree ?
En Flandre, le pedigree flamand (Vlaamse stamboom) est le seul pedigree légalement valable. Pour les chiens nés en Flandre, il ne peut être délivré que par une association de livre généalogique agréée. Cela n’est possible que si le programme d’élevage approuvé de la race a été suivi et si la filiation a été contrôlée par un test ADN. Le document que délivre la Société Royale Saint-Hubert (SRSH) via le livre des origines LOSH est un certificat d’ascendance : il enregistre l’ascendance, mais ne peut pas porter le titre de pedigree en Flandre.
Un pedigree mentionne notamment le nom et le numéro de puce du chien, sa date de naissance, son sexe et sa race, l’éleveur, ainsi que les parents et les ancêtres plus lointains. Les titres et résultats de santé des ancêtres y figurent parfois aussi.
Comment lire un pedigree ?
Un pedigree se lit de gauche à droite. À gauche figure le chien lui-même, puis ses parents : généralement le père en haut et la mère en bas. Chaque colonne plus à droite correspond à une génération plus ancienne. À côté du père figurent ses parents, à côté de la mère les siens, et ainsi de suite.
Soyez surtout attentif aux noms qui apparaissent plusieurs fois. Si le même chien figure à la fois du côté du père et du côté de la mère, les parents sont apparentés. Plus cet ancêtre commun est proche du chiot et plus il apparaît souvent, plus la consanguinité est élevée.
Ce qu’un pedigree garantit ou non
Un pedigree flamand confirme la filiation, contrôlée par ADN, et montre que le chiot a été élevé selon le programme d’élevage approuvé de la race, avec les examens obligatoires chez les parents. Un programme d’élevage réduit le risque de maladies héréditaires, mais n’offre pas de garantie de santé à 100 %. Un pedigree ne dit rien non plus du caractère ou de la socialisation d’un chiot. Regardez donc aussi les résultats des parents, leur caractère et la façon de travailler de l’éleveur.
Un chien proposé comme « de race mais sans pedigree » ne peut pas prouver qu’il est issu de cette race, et la santé et la parenté des parents ne sont pas vérifiables. Dans ce cas, posez des questions particulièrement critiques sur les parents et leurs examens.
Les pedigrees en Flandre depuis le 1er juillet 2025
Depuis le 1er juillet 2025, l’arrêté flamand sur l’élevage (Fokkerijbesluit) est en vigueur. Un chiot né en Flandre ne peut plus être vendu avec pedigree que si ce pedigree a été délivré par une association de livre généalogique agréée. C’est la date de vente figurant sur le contrat de vente qui compte. Ce qu’il faut savoir en outre :
- Un éleveur n’est pas obligé de fournir un pedigree. Un chiot né en Flandre ne peut toutefois pas être vendu avec un pedigree étranger ou d’une autre région.
- Un chien né à l’étranger peut être vendu en Flandre avec son pedigree étranger, à condition d’indiquer clairement qu’il s’agit d’un pedigree étranger.
- Le coefficient de consanguinité (COI) d’un chiot ne peut pas dépasser de plus de 1 % la moyenne des deux parents, calculée sur au moins trois générations des parents. Aucune exception n’est prévue.
- S’il n’existe pas (encore) de programme d’élevage approuvé pour une race, un certificat de filiation (afstammingscertificaat) peut être délivré. Ce n’est pas un pedigree : il sert uniquement à conserver les données d’ascendance connues et doit être visuellement bien distinct d’un pedigree.
- Les examens que les parents doivent passer sont fixés par race dans le programme d’élevage. Dierenwelzijn Vlaanderen publie tous les programmes d’élevage approuvés.
En savoir plus dans notre rubrique Pedigree et enregistrement : l’arrêté sur l’élevage expliqué, demander un pedigree de A à Z et ce à quoi faire attention en tant qu’acheteur.
Le coefficient de consanguinité
Le coefficient de consanguinité, souvent abrégé COI, indique la probabilité qu’un chiot possède, pour un gène donné, deux copies identiques provenant du même ancêtre. Plus cette probabilité est élevée, plus le risque que des maladies récessives s’expriment est grand. Une forte consanguinité est aussi associée à des portées plus petites, une immunité plus faible et une espérance de vie plus courte.
Quelques exemples, en partant de grands-parents non apparentés :
- Père x fille ou mère x fils : 25 %.
- Frère x sœur (mêmes parents) : 25 %.
- Demi-frère x demi-sœur : 12,5 %.
- Cousin germain x cousine germaine : 6,25 %.
- Deux chiens non apparentés : 0 % sur les générations calculées.
Combien de générations prendre en compte ?
Le résultat dépend fortement du nombre de générations prises en compte. Un COI calculé sur cinq générations est presque toujours plus bas que sur dix, car les ancêtres communs plus anciens ne sont alors pas comptés. Ne comparez donc que des chiffres calculés sur le même nombre de générations, et demandez toujours sur combien de générations un COI annoncé a été calculé.
Qu’est-ce qu’un bon coefficient de consanguinité ?
L’arrêté sur l’élevage ne fixe pas de valeur maximale absolue. Il regarde l’augmentation : le COI des chiots ne peut pas dépasser de plus de 1 % la moyenne des deux parents. La moyenne de la race reste un point de comparaison utile, car elle varie fortement d’une race à l’autre. Un éleveur qui connaît le COI de ses accouplements et peut expliquer comment il le maintient bas travaille de manière réfléchie.
L’élevage en lignée
L’élevage en lignée consiste à accoupler des chiens apparentés de façon plus lointaine, par exemple par un grand-père commun, afin de fixer certaines caractéristiques. C’est une forme plus douce de consanguinité, mais pas sans risque : les caractéristiques indésirables et les gènes de maladies se fixent également. Un élevage en lignée répété sur plusieurs générations fait augmenter progressivement la consanguinité. Les programmes d’élevage interdisent en outre qu’une chienne soit saillie par son grand-père, son père, son frère, son demi-frère, son fils ou son petit-fils.
L’étalon populaire
La consanguinité ne naît pas seulement de l’accouplement de parents apparentés. Lorsqu’un mâle à succès engendre de très nombreuses portées, beaucoup de chiens d’une race deviennent apparentés en quelques générations. La consanguinité augmente alors dans toute la race, même si les éleveurs pris individuellement n’accouplent pas sciemment des chiens apparentés. C’est pourquoi les programmes d’élevage de Dierenwelzijn Vlaanderen demandent aussi de ne pas faire saillir un mâle trop souvent, afin de limiter la propagation de variants génétiques nuisibles.
Mesurer la consanguinité par l’ADN
Certains laboratoires proposent des tests qui mesurent directement la diversité génétique d’un chien dans son ADN. Un tel test donne une image de la consanguinité réelle, y compris celle due à des ancêtres qui ne figurent plus sur le pedigree. C’est un complément utile au calcul à partir du pedigree, mais il ne remplace pas les examens de santé.
Pour les acheteurs : que demander ?
- Le chiot recevra-t-il un pedigree flamand d’une association de livre généalogique agréée ? Si le chien est né à l’étranger, est-il clairement indiqué qu’il s’agit d’un pedigree étranger ?
- Des noms apparaissent-ils en double dans le pedigree, et quel est le coefficient de consanguinité de la portée ?
- Sur combien de générations a-t-il été calculé, et comment se situe-t-il par rapport à la moyenne des parents ?
- Quels résultats ont les parents pour les examens obligatoires du programme d’élevage de la race ? Voir aussi le dossier Tests ADN chez le chien.
En bref
- En Flandre, seul le pedigree flamand d’une association de livre généalogique agréée est un pedigree. Le document de la SRSH est un certificat d’ascendance.
- Un pedigree flamand confirme la filiation et le respect du programme d’élevage, mais n’offre pas de garantie de santé à 100 %.
- Des noms présents des deux côtés signalent une parenté entre les parents.
- Le COI des chiots ne peut pas dépasser de plus de 1 % la moyenne des parents.
- L’utilisation excessive d’un seul mâle augmente la consanguinité dans toute la race.
Sources
- Coefficients of inbreeding and relationship (The American Naturalist, 1922) (Sewall Wright)
- Stamboomregistratie (LOSH) en fokreglementen (Koninklijke Maatschappij Sint-Hubertus (KMSH))
- International breeding strategies (Fédération Cynologique Internationale (FCI))